lundi 18 février 2013

PSYCHODRAME SOCIAL EN FRANCE

Lors de mes précédents articles, je parlais déjà du mal-être grandissant dans la société Française, de sa déprime constante et de sa défiance à l'égard des politiques, des entreprises, de la société dans laquelle ils vivent :

Les Français champions du monde du pessimisme                                        
Humeur: La crise de confiance
Alors, que fait-on maintenant ?
La société de défiance de Yann Algan  

Je reviens malheureusement sur ce sujet car j'observe de plus en plus depuis quelques mois à une accélération de phénomènes inquiétants et fortement relayés par les médias.
Parfois, ils sont individuels, comme le suicide d'un homme par immolation devant une caisse d'allocations familiales où ses droits avaient été suspendus. Il y a quelques jours, le même acte désespéré d'un autre homme devant une agence de Pôle emploi pour les mêmes raisons, aujourd'hui un lycéen de 16 ans a tenté de faire le même acte insensé pour d'autres raisons, et pendant que j'écris cet article, un autre chômeur en fin de droits a tenté lui aussi de s'immoler par le feu à Saint-Ouen, le soir même, un autre en Savoie a tenté lui aussi de s'immoler devant son magasin de sport. Il y a quelques mois, c'était une enseignante dans un lycée professionnel...

Alors, est ce vraiment le signe d'un profond malaise individuel dans une société en pleine crise ou bien un phénomène de société mis en lumière par les journalistes et ce, depuis la médiatisation de l'immolation de ce vendeur tunisien, symbole de la révolution Tunisienne, par qui tout a commencé ?
Des suicides, il y en a toujours eu sauf qu'aujourd'hui nous en parlons aux informations de 20h00 quand ils sont liés indirectement à la situation sociale ou professionnelle de la victime. Ces actes sont rendus et perçus symboliques pour dénoncer une politique, une situation économique, un malaise social, de mauvaises conditions de travail et c'est en cela que je trouve le phénomène inquiétant.
Cet effet de loupe médiatique sur des actes isolés démontre aux pessimistes qu'ils vivent bien dans une société de merde, qu'il n'y a plus d'espoirs et alimente encore un peu plus ce malaise dépressif des Français.

Par contre, silence médiatique sur la création d'un collectif  L'appel des 44  depuis 2 ans et qui milite pour un observatoire concernant la prévention des suicides. Les suicides sont en forte progression: 2 fois plus de morts que sur la route et pourtant, rien n'est fait.
http://www.atlantico.fr/decryptage/750-suicides-supplementaires-en-4-ans-medecine-travail-doit-elle-aussi-occuper-chomeurs-michel-debout-478033.html

Les pouvoirs publics et nos politiques ne s'en inquiètent outre mesure... ils déplorent ces drames,  adressent leurs condoléances aux familles, profondes douleurs et bla,bla,bla ... ils ne semblent pas prendre conscience du message subliminal qui leur est adressé et du danger qui les menace, puisque aucune mesure n'est prise pour enrayer ces suicides médiatisés. Je trouve cela encore plus inquiétant de constater un immobilisme politique face à ces petites bombes humaines qui explosent et brûlent en pleine rue.

Parfois, ils sont collectifs comme les mouvements de grève, manifestations et répression violente des forces de l'ordre, dégradations volontaires des entreprises par des syndicalistes et ouvriers en colère, plans sociaux, licenciements, fermetures d'usine, menaces pour certains de faire sauter leur outil de production. 
A chaque fois en arrière plan, le message subliminal est adressé: c'est une des conséquences de la politique du gouvernement et des patrons voyous, des méchants financiers...etc.

Le Ministre de l'intérieur, Monsieur Manuel Valls s'inquiète, à juste titre de possibles explosions sociales. 
Les titres des journaux, hebdomadaires, à ce sujet sont chocs pour être plus vendeurs mais aussi valide dans l'inconscient collectif, un mal-être social grandissant... "ça va péter...", s'en inquiéter c'est déjà en accepter le principe et le fondement.
La seule réponse envisagée pour le moment serait de mettre de l'huile sur le feu en réprimant tous mouvements de contestations, mêmes pacifiques, avant même qu'ils n'aient lieu, désignant ainsi à demi-mots les syndicalistes comme de potentiels terroristes sociaux. Ce n'est pas ce que j'appelle vraiment un apaisement, un dialogue social qui va dans le bon sens, mais une mise en garde sévère sous forme de défi: 
"Allez, chiche, essaye-un peu pour voir ". 

A quoi joue t-on ? 

Selon moi, le summum est atteint dans le psychodrame social avec l'affaire SPANGHERO  et de la viande de cheval. Cette affaire résume à elle seule la dérive à laquelle j'assiste. Au-delà de l'enquête et de ses conclusions, il y a bien eu fraude avérée pour des raisons financières puisque c'est bien du cheval (moins cher) qui a été retrouvé à la place de boeuf. Quelqu'un a donc bien vendu cette viande en toute connaissance de cause, conditionné cette viande, bien mis ses produits dans les barquettes, changé les étiquettes, non ? 
La fraude est découverte et voilà que j'entends le directeur commercial de Spanghero clamer haut et fort:
" Le gouvernement condamne à mort 300 personnes et leurs familles sans parler de tous les partenaires..."
Condamne à mort ! C'est fort comme message... Vite ! Préparons les cercueils ! Et des employés suppliant " nous ne sommes que de petits ouvriers, si l'entreprise ferme, on va mourir ! "
Je ne savais pas que la peine de mort avait été rétablie en France...
Ces discours sont complètement déconnectés de la réalité, y a t-il eu ses derniers temps 3 Millions de mort en France ? Ce qui m'inquiète, c'est que ces cris d'alarme sous forme de chantage affectif ont trouvé un large écho dans la conscience populaire et sont servis à toutes les sauces.
Là encore, le responsable de la supercherie n'est plus l'entrepreneur fraudeur mais le pouvoir politique qui a dénoncé publiquement la supercherie. Le coupable a semble t-il changé de camp, perdre son travail à cause d'un patron voyou ou de sa mauvaise gestion ou stratégie commerciale et ce sont les gouvernants qui sont responsables et donc... coupables de la précarité sociale.
Et de cela, le pouvoir politique devrait s'en inquiéter quand une partie de sa société ne se sent plus responsable d'elle-même mais victime d'un pouvoir, d'un système, de patrons, de la crise, de l' Europe, en résumé: victime des autres.

A quand un ministère psychothérapeutique ou du bien-être ? 
Pour un pays qui, il me semble, en a bien besoin...

Cordialement
Christophe Georgin

http://www.travaillezheureux.com

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